Nouvelles lectures!

Sur le sable chaud qui chaque jour réchauffe mes petits pieds, sur la douce brise qui rafraichit mon corps nappé dans la lumière, sur la lourdeur qui chaque matin envahit mes yeux alourdis de ce long sommeil que je m’impose, sur les tables fatiguées, sur les murs décrépis, dans les cours agitées, s’écrit ton nom et par le pouvoir d’un mot, j’achève mon repos, je suis né pour te connaître, pour te nommer, rentrée… *

 

Aussi, comme je pense refaire une troisième année en classes préparatoires, je me trouve dans l’obligation de me coltiner les livres au programme. Commençons donc par le thème de ce programme de français: « l’énigme du moi ». Rien qu’à lui seul l’intitulé de cette année me fait frémir. « L’énigme » tout d’abord, la part d’inconnu que ce mot transporte logiquement assure à lui seul la majeure partie de ma frayeur. Le « moi » ensuite qui ne m’évoque rien si ce n’est les cours de philo de terminale écoutés d’une oreille distraite, à cause de leur ennui profond et quelque sentences glanées ci et là qui me conduisent uniquement au mythe de la caverne et à l’enchainement de la trinité freudienne « ça, moi, surmoi ». Je ne vous cache donc pas la perplexité dans laquelle je me trouve quant à la manière d’aborder ce thème.
Les œuvres à présent; le moins ennuyeux je pense c’est Lorenzaccio de Musset, viens ensuite un peu plus agaçant, L’âge d’homme de Michel Leiris et enfin carrément embêtant, le livre X des Confessions de St. Augustin. J’avais déjà lu Lorenzaccio et je ne regrette pas de le relire, je redécouvre cette pièce de théâtre avec grand plaisir (un peu romantique dans l’âme, ce genre de livre me convient parfaitement). J’espère que le thème ne nous empêchera pas d’étudier tous l’aspect politique de cette pièce de fauteuil, après tout, l’aspect politique reflète la pensée de Musset qui voit dans l’écrivain et surtout dans le poète un être (c’est à dire un soi) engagé politiquement (tout comme Hugo). Je pense qu’il y a vraiment beaucoup à dire sur cette œuvre et l’aspect agréable de la lecture ne gâche rien.

 

L’âge d’homme de Michel Leiris, m’était totalement inconnu et lorsque j’ai commencé le livre j’ai craint l’autobiographie du genre moi par moi pour moi… Mais il s’est avéré au fil du temps que ce livre constitué plus une réflexion sur l’enchainement des événements dans une vie et la manière dont ils construisent l’individu, plutôt qu’une narration chronologique d’une vie dont à priori je me moque éperdument.
Je suis à présent en train de lire les Confession de Saint Augustin, et là je vous avoue je suis sceptique. Certes cet homme prend une place importante dans l’histoire du catholicisme et donc de notre culture à tous (ceux qui pensent être complètement détachés de cette culture catholique s’enfoncent le doigt dans l’œil avec l’avant-bras, le bras et l’épaule – n’essayez pas c’est dangereux), mais il me semble que si l’on avait demandé la lecture d’un grand penseur musulman (je vous demande de m’excuser mais je suis inculte en la matière et bien incapable de vous en citer un si ce n’est Abu’l-Walid Muhammad ibn Rushd plus connu sous le nom latinisé d’ Averroes – vive Wikipédia), les choses n’irai pas sans peine… Enfin d’un point de vue plus littéraire, c’est un peu barbant à lire car la tournure des phrases est complexe et que le sens est profond ce qui oblige une concentration permanente. Les idées tournent pour l’instant autour de la recherche de soi à travers Dieu ce qui semble le but des Confessions, je reviendrais peut-être sur cet ouvrage quand je l’aurais fini.

 

Je ne vous recommande pour l’instant que Lorenzaccio, qu’il est bon de lire en ayant à l’esprit différentes pièces de Shakespeare: Othello et Hamlet ayant des traits commun avec Lorenzo.

 

A bientôt,

 

P.E.

 

*pour ceux qui ne lisent pas de poésie: “Liberté” Paul Eluard in Poésie et vérités, 1942.

Une réponse vers “Nouvelles lectures!”

  1. Ahah! Nous sommes dans la même galère cher ami!
    En ce qui concerne St Augustin, je l’ai terminé (enfin!). Et effectivement, son discours (particulièrement celui sur les connaissances scientifiques) m’a laissée perplexe.
    Je lis à présent Lorenzaccio, et je dois dire que je suis agréablement surprise: je m’attendais à une lecture plus ennuyeuse (bien que je me sois perdue en route dans ces histoires de complots trahisons et relations familiales…)

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