Faillite et routine.
La vie continue son cours au lycée Joffre. Le rythme des ds, colles, tds, dms et autres réjouissances du même genre commence à s’installer. Un prof de maths un peu fainéant, une prof de physique qui tient la route après un an d’abstinence dans cette matière, et un prof de chimie au sommet de sa forme. Le sujet du tipe se dessine doucement, il s’agirait de mesurer la teneur en plomb d’une eau d’abord par spectrophotométrie d’absorption atomique avec flamme puis par torche à plasma en essayant de mettre en évidence les limites de détections de ces deux méthodes. La fatigue arrive aussi et un peu plus vite que prévu. Bref rien de bien nouveau dans ce début d’année scolaire si ce n’est les échos d’intégrations dans différentes écoles et qui divergent selon les personnes…
Pourtant autour de nous le monde s’agite. Aussi les deux dernières semaines furent bercées par le bruit incessant des faillites de banques et de plan de relance qui se font attendre. Ah oui, M. Sarkozy s’est exprimé lors de discours fleuve de 40mn sur l’économie française et la situation financière internationale. Nous avons ainsi appris beaucoup de chose de ce discours. Tout d’abord que la France sera obligatoirement touché par la crise financière (quel scoop heureusement qu’on lui prépare ses discours…) puis que l’état assurera la survie de nos économies (là faudra qu’on m’explique où il trouvera l’argent nécessaire). Bon, trêve de piques anti-présidentielles. L’Irlande est le premier pays à s’être déclaré officiellement en récession : deux semestres consécutifs de croissance négative. Mais il me semble que même si nous n’enchaînerons peut être jamais ces deux semestres, la France comme l’ensemble des pays occidentaux peuvent tout aussi bien se déclarer en récession car ce qui nous attend n’est pas des plus joyeux. La crise financière va forcément s’étendre. D’abord ce seront des emplois supprimés, puis sans doute la grogne qui monte dans la population, et par conséquent une montée des extrêmes comme c’est toujours le cas dans ces conditions. Tous cela réveille de vieux démons. Les erreurs du passé se reproduisent comme souvent. Mais qu’aurions nous put faire pour empêcher cela. Il est maintenant facile de désigner des coupables, les agences de notations entre autre. Il y a un mois personne ne se souciait dans les gens du commun de ces agences, beaucoup comme moi, en ignorait le rôle voire même l’existence. Aussi ne faudra-t-il pas chercher des coupables à punir, le mal étant fait cela n’assouvirait qu’un désir de vengeance inutile, mais tenter de rétablir la situation.
Je vous avoue qu’en réalité, je suis heureux de cette agitation, car c’est dans la difficulté que l’Homme peut montrer le meilleur de lui même, c’est dans l’urgence qu’il travaille le mieux, c’est maintenant un temps de difficultés mais surtout un temps de changements. Nous voyons se dessiner de nombreuses problématiques, non plus comme des brumes lointaines mais bien comme des orages dont nous entendons les premiers éclats. Il ne reste donc plus qu’à pardonner à ceux qui ont commis des erreurs dans lesquelles nous serions certainement tombés. En somme : Va et ne pèche plus.
