On m’a récemment reproché de ne pas traiter de politique sur mon blog. L’actualité est pourtant une mine inépuisable de ce genre de sujet: l’affaire des comptes de l’UIMM, la réforme des institutions, le voyage en Europe d’Obama,… Autant de sujets qui font polémique et que j’aurais pu traiter dans mon blog. Pourtant pas un seul article (à part peut-être celui sur la libération d’Ingrid Bétancourt) qui ne touche à la politique. Rassurez vous cher lecteurs, ce soir cette lacune sera comblée.
Et pour point de départ je voudrais m’intéresser à la visite de M. Obama en Europe. Elle fait partie, en réalité, d’une tournée internationale du candidat démocrate à travers le monde. C’est donc après l’Irak et l’Afghanistan, le tour de notre vieux continent d’accueillir le prétendant à la Maison Blanche. Hier M. Obama a ainsi prononcé un discours à Berlin devant 200 000 personnes (preuve une fois encore de l’engouement qu’il suscite de ce coté de l’Atlantique). Pourtant M. Obama ne s’intéresse à l’Europe que depuis peu de temps. Il faut en effet rappeler que le candidat démocrate préside au sénat la sous-commission chargée des affaires européennes et … qu’il ne l’a jamais réuni. En outre depuis 4 ans qu’il est sénateur il n’est venu qu’une fois en Europe (plus précisément à Londres) et encore ce fut sur le chemin de Moscou. Bref pour M. Obama, mieux vaut tard que jamais. Le discours de Berlin est tout de même très positif pour les relations entre les États-Unis et l’Union, M. Obama ayant déclaré que l’Union est indispensable aux USA tant au niveau économique que sur un plan politique et militaire. De belles paroles pour un candidat en recherche d’une stature internationale.
Mais tous cela nous éloigne du point où je veux aboutir (je vous renvoi tout de même à cet article du monde pour un peu plus de détail ). Il faut remarquer dans cette visite européenne le peu de temps que M. Obama passera en France: 6 heures en tout et pour tout! Ce n’est qu’un exemple, qu’une anecdote au milieu d’une actualité riche en événements bien plus importants, néanmoins cela souligne encore une fois la perte de vitesse de la France sur la scène internationale. Je précise tout de suite que je ne suis pas un de ces franco-français pur et dur qui se lamentent en permanence sur le passé glorieux de leur patrie et sa décadence actuelle. Je ne critique donc ici qu’une politique que je trouve peu constructive et contraire à tout bon sens quelque soit l’Etat qui la met en place.
Ce déclin international de la France se voit à différents niveaux. D’un point de vue économique et financier notre pays, comme beaucoup de pays occidentaux, subit la montée en puissance du marché asiatique et la crise boursière actuelle, cependant l’impossibilité de le réformer en profondeur le rend plus vulnérable. D’un point de vue diplomatique on a vu récemment l’ambassadeur de Chine à Paris, se montrer d’une audace peu commune pour ce genre de milieu et la France céder dans le fond en tentant piteusement de sauver les apparences (d’ailleurs comment sauver quelque chose correctement sur le plan diplomatique avec un ministre des affaires étrangères comme M. Kouchner plus aventurier que diplomate). D’un point de vue militaire, la réduction des effectifs que génère la nouvelle carte militaire ne peut conduire qu’à une diminution équivalente du poids de la France sur la scène internationale.
Je vois déjà certains me ressortir sur ce point les arguments que j’ai déjà entendu cent fois. L’un, pacifiste (un peu à gauche, il porte les cheveux longs, admirateur de ACDC et il est en prépa, je pense que ça suffit pour qu’il se reconnaisse et il a intérêt à laisser un commentaire ^^): « aujourd’hui on n’a pas besoin d’une armée, ça sert à rien… ». L’autre (celui la est imaginaire pour l’instant, mais il ne manquerait pas de ce manifester): « l’armée d’aujourd’hui est plus technologique, il y a besoin de moins d’hommes. Et on est plus dans la guerre froide… ». Au premier j’aimerais pouvoir lui dire qu’il a raison car en effet aujourd’hui on ne devrait plus avoir besoin d’armée et la diplomatie devrait suffire à régler les problèmes. Malheureusement les conflits n’ont jamais été aussi nombreux qu’aujourd’hui et s’ils semblent lointains ce n’est qu’une illusion. Rappelez vous le Kosovo, ça n’était pas si loin géographiquement parlant. Quant au second je lui répondrais que si effectivement l’armée française n’a pas besoin de s’agrandir elle ne doit pas non plus diminuer son effectif, étant quand même souvent sollicitée pour des missions à l’étranger et dans des zones souvent très éloignées les unes des autres, ce qui complique les questions logistiques. L’armée française reste néanmoins très puissante, une des seules au monde (trois ou quatre pas plus) à pouvoir se déployer en quelques heures sur l’ensemble du globe et à posséder un armement très sophistiqué (projection de l’arme atomique à n’importe quel point du globe par exemple). Mais les restrictions actuelles font mal à l’armée et à son équipement. Ainsi la plupart des véhicules français manquent d’entretiens ce qui les rends opérationnels seulement après réparation. Lors de l’intervention pour la libération du « Ponant » l’armée à dut faire face à trois pannes sur des navires et 2 avions défectueux (dont un qui s ’est écrasé). Ces difficultés sont préjudiciables à la voie diplomatique de la France. En effet si l’on veut peser diplomatiquement, la force militaire est un argument important, tout aussi important que la force économique. Pensez vous sincèrement que les États-Unis pourrait faire pression sur l’Iran s’il ne posséder pas en plus de leur force économique, la première puissance militaire mondiale? Le rôle de l’armée aujourd’hui est surtout pacifique. Elle soutient d’une part l’action diplomatique, mais assure également la sécurité des populations,à l’étranger dans le cadre des missions de l’ONU mais aussi en France lorsqu’elle intervient en soutient des pompiers ou des secouristes. C’est pourquoi lorsque M. Sarkozy déclare que l’armée n’est pas là pour faire de l’aménagement du territoire, j’affirme qu’il se trompe et que c’est au contraire son rôle principal aujourd’hui; elle ne constitue pas seulement une source économique pour les régions qui hébergent des régiments, elle participe aussi à la sécurité de nos côtes, de notre terre et de notre espace aérien, sans laquelle nous ne pourrions développer durablement notre pays.
La politique militaire soutient donc la politique internationale. Là aussi les orientations actuelles me semblent fort étranges, pour ne pas dire incongrues. La France avait pour habitude de se démarquer du reste de la planète en faisant constamment le contraire des États-Unis. Il semblerait que M. Sarkozy malgrès ses belles paroles se mette à suivre comme nos amis anglais les USA tel un chien domestique. Mais c’est surtout l’éloignement de la France vis à vis de l’Afrique qui m’inquiète. La France a toujours été très présente en Afrique et elle s’en éloigne, alors que ce continent promet d’être dans les prochaines années un élément très important de la scène internationale (s’il ne l’est déjà) que se disputeront les grandes puissances comme elles courtisent aujourd’hui l’Orient.
Mais le problème français ne se limite pas à la diplomatie et la force militaire, il est aussi économique. La France se doit de miser sur ses capacités de recherche et de développement (« qui sont bonnes mais pas tops », les références ne peuvent pas toujours être de très grande qualité n’est-ce pas). Mais ceci constitue un autre article, celui-ci étant déjà suffisamment long et je félicite ceux qui sont arrivés au bout sans s’endormir…
A bientôt,
P.E.